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La classe média de Louis-Armand dans l’univers de la Grande Librairie

12 Déc , 2019  

Premier vrai, grand reportage pour la classe média du collège Louis-Armand à Dreux. Première interview d’une personnalité. Pas n’importe laquelle : les élèves de 4e ont interviewé François Busnel à l’occasion du concours de lecture à voix haute dans laquelle s’est engagée la classe de 5e D du collège.

Le journaliste accepte de répondre aux questions des reporters de la classe média co-animée par Leila Enouski, professeure de français et la rédaction de L’Echo Républicain…

Quant aux collégiens des Bâtes, ils auront les honneurs de la Grande Librairie, le mercredi 18 décembre, sur France 5. Un caméraman est venu tourner au collège à l’occasion d’une rencontre avec Stéphane Cathrin, l’un des écrivains invité par François Busnel.

Interview François Busnel

 

 

 Comment préparez-vous votre émission « La grande librairie » (invités, questions…) ?

Je choisis mes invités selon deux critères : 1°) quel livre m’a ému 2°) quel livre m’a élevé (au-dessus de moi-même). J’essaie de me mettre à votre place, c’est-à-dire à la place du futur lecteur qui n’attend rien mais doit être percuté par un livre dont le sujet l’arrachera à son quotidien.

Pourquoi avez-vous créé le concours « Lecture à voix haute » ?

Parce que je crois dur comme fer que la lecture à voix haute permet de s’exprimer mieux que toute autre chose. Lire à voix haute permet d’entrer dans un monde que l’on ne soupçonnait pas : on joue avec le texte mais aussi avec soi, en découvrant à quel point on peut devenir un autre. C’est passionnant !

En quoi consiste réellement votre métier : journaliste ou critique littéraire ?

Le critique littéraire est celui qui sait (ou plutôt : qui prétend savoir) ; le journaliste est celui qui se pose des questions et essaie d’apprendre chaque jour quelque chose de nouveau, c’est un curieux qui place l’étonnement au-dessus de tout. Je suis clairement journaliste et pas du tout critique littéraire : je ne sais pas ce qu’est la littérature, c’est la raison pour laquelle j’invite chaque semaine les meilleurs écrivains sur un plateau afin qu’ils m’éclairent sur ce sujet.

Vous avez beaucoup voyagé en tant que journaliste, est-ce que cela ne vous manque pas ?

Non, car je continue de partir régulièrement à la rencontre des écrivains que j’admire au bout du monde. Essentiellement aux Etats-Unis, cinq à six fois par an. Aller voir Bret Easton Ellis chez lui à Los Angeles, Paul Auster ou Salman Rushdie à New York, Jim Harrison dans les grands espaces du Montana… Voyager et lire sont pour moi complémentaires.

Combien avez-vous de livres ? Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour ?

Je ne sais pas trop combien j’ai des livres chez moi, il y en a partout, dans toutes mes pièces. J’aime vivre entouré de livres, ils sont comme des partenaires, des copains. Certains sont faits pour être ouverts régulièrement, d’autres ne le seront jamais mais ça ne fait rien. Il y a des livres qui sont faits pour être lus et d’autres qui sont faits pour être là.

Quels sont vos auteurs préférés ?

Impossible de répondre à cette question, il y en a tellement ! Et je me méfie du côté « fan de » : je suis journaliste, mon avis passe après ma curiosité. Qui est immense !

Qu’est-ce qui vous plait dans la lecture ?

Lire est avant tout une façon de prendre du plaisir. En lisant, on ordonne aussi nos pensées, on fait l’inventaire de notre vie intérieur (en s’identifiant – ou pas – aux personnages), On ne lit pas seulement pour se distraire mais pour se trouver. Les livres allument la lumière dans nos cerveaux déserts. Les livres procurent une ivresse que rien n’égale. Les livres sont des accélérateurs de vie.

Avez-vous des livres coups de cœur qui ont marqué votre vie ?

La découverte de Cyrano de Bergerac à 18 ans a changé ma vie (j’ai découvert grâce à ce livre qu’il ne faut jamais renoncer, ne jamais accepter que quelqu’un décide pour vous de votre vie…). Puis celle de Montaigne et des Stoïciens (qui vaccinent contre tout excès de mélancolie). Sans oublier la lecture de Jack Kerouac et de John Fante, à 15 ans qui m’ont donné envie de partir voir le monde. La lecture de Jack London m’a lancé sur les routes et celle de Corto Maltese sur les océans.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes pour qu’ils s’intéressent plus à la lecture ?

Lire, c’est vivre d’autres vies que la sienne. Ouvrez un livre, vous allez découvrir un monde plus vaste que vous ne l’imaginez. Si un livre vous ennuie, abandonnez-le et passez au suivant… jusqu’à ce que vous tombiez sur celui qui vous déchirera le cœur. Il existe, n’attend que vous, et changera votre vie.

Les élèves de la classe média du collège Louis-Armand

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