Cri d'alarme

A Dreux, l’association Alif cultive le dialogue

18 Juil , 2016  

Une minute de silence à la mairie de Dreux, à midi, les drapeaux en berne en signe de deuil, comme dans toute la France. Des moments d’émotion et de cohésion utiles, mais un travail de fond s’impose après l’attentat de Nice le 14 juillet 2016.

Il serait très prétentieux d’affirmer que notre modeste association a la recette miracle pour lutter contre la radicalisation de certains esprits égarés. Qu’à elle seule, Alif pourrait empêcher ces jeunes adultes de sombrer dans la violence et passer à ces actes inqualifiables qui ont ensanglanté Paris, Nice…

Après la période de deuil, de tristesse, de communion à l’occasion des minutes de silence, il faut reprendre la route, son bâton de pèlerin, poursuivre ce travail de fond, ce travail de fourmi que des associations comme Alif font tout au long de l’année.

Dans le public, des femmes voilées ou pas assises aux côtés des hommes...

Dans le public, des femmes voilées ou non, assises aux côtés des hommes.

La science contre la barbarie, le dialogue contre la violence, c’est l’expérience que l’association drouaise modestement installée dans ses locaux rue de Moronval, à Dreux, mène depuis sa création et a intensifié à l’occasion du mois de Ramadan.

Chaque dimanche du mois de Ramadan entre le 6 juin et le 5 juillet, des conférences ont eu lieu dans les locaux de l’association.

L’idée est d’offrir l’occasion aux gens, qu’ils soient musulmans ou non, de se poser, de prendre le temps de réfléchir et de dialoguer. Chaque dimanche, un invité, de préférence un imam un peu star dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il y a eu Hassan Iquioussen, l’imam du Nord qui se présente comme un Chti quand on lui demande ses origines. Un imam qui maîtrise parfaitement le Français et même le langage des banlieues : il a grandi en France et connaît comme sa poche les cités populaires.

Il y a eu Ousmane Timera, un théologien plein d’humour, qui n’hésite pas à provoquer pour susciter le dialogue, la controverse et toujours, la réflexion.

« Parfois ils nous insultent, mais ce n’est pas grave… »

Chaque dimanche, les locaux d’Alif ont fait le plein avec des musulmans pratiquants qui fréquentent les mosquées. Mais pas seulement. Il y a eu aussi des non musulmans venus trouver des réponses à leurs questions sur l’Islam. Il y a eu beaucoup de jeunes qu’on ne voit pas dans les mosquées et qui viennent parce que la personnalité invitée a un côté presque people dans leur univers. Pas toujours facile à gérer avec leurs certitudes bâties au fil des discours de « l’imam Google ». Mais les responsables d’Alif tiennent le coup :

« Ils viennent débattre avec le conférencier . Parfois, ils nous insultent. Mais ce n’est pas grave, l’important est qu’ils aient entendu un autre discours sur l’Islam. »

C’est l’occasion aussi pour Alif de prouver que les réformateurs ne plient pas face aux invectives radicales :

« Lors de la dernière conférence, un jeune est venu nous demander de faire asseoir les femmes au fond de la salle et les hommes devant. »

Dans la salle, femmes voilées ou non, hommes étaient tous assis ensemble.

Un de ces petits actes de résistance comme une pierre à l’édifice bâti par Alif. Un rempart contre les déviances radicales d’un Islam à l’antithèse de celui qu’on pratique à Alif.

Mimoun Ennebati, président de Alif

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