Les mots pour le dire, Vu d'ailleurs

Musée de l’immigration : diversité et vivre ensemble

31 Jan , 2016  

Le mardi 26 janvier, nous, les femmes de l’association « Femmes d’Ici et d’Ailleurs », avons fait une sortie commune avec des femmes de trois autres associations (« Les Drouaises » du quartier des Oriels, « Trait d’union » de Lucé et « Reconstruire ensemble » de Mainvilliers).

Nous sommes allées au musée national de l’Histoire de l’immigration à Paris. Cette sortie a pu se faire grâce à Marie Bossard, juriste du CIDFF (centre d’information des droits des femmes et de la famille). Elle est intervenue à plusieurs reprises dans les locaux de l’association pour animer des ateliers « Femmes, vous avez des droits. » La sortie était offerte ainsi que le pique-nique pour nous remercier de notre participation.

Trois associations de femmes ont pu visiter ce musée parisien

Trois associations de femmes ont pu visiter ce musée parisien

Dès l’entrée, nous avons été impressionnées par l’architecture du musée et l’immense fresque murale.

On y trouve des objets, des photos, des documents montrant le parcours des immigrés : les raisons de leur départ, leur voyage, les conditions de vie dans lesquelles ils vivaient à leurs débuts en France… Et devant chaque objet exposé se trouvent des panneaux explicatifs et même des témoignages audio d’immigrants qui racontent leur itinéraire, leurs rêves…

Ces « cabas Barbès » identifiés par n’importe quel immigré

Ce qui nous a choquées, c’est de voir leurs conditions de vie dans les foyers de travailleurs. Sur une photo, on pouvait voir une chambre très peu éclairée (on aurait cru une cellule de prison !) où étaient superposés six lits les uns au-dessus des autres. Et leurs maigres possessions étaient conservées dans des « cabas Barbès », sac identifiable par n’importe quel immigré !

Sur une autre photo, on voyait s’entasser toute une famille dans une minuscule pièce qui leur servait de cuisine, de chambre, de salle à manger… Il en fallait de la volonté et de la motivation pour endurer des conditions de vie aussi précaires !

On voit des images du film Indigènes

On voit des images du film Indigènes

Il y avait également plusieurs écrans de télévision où on pouvait regarder des documentaires et même le film « Indigènes » de Rachid Bouchareb avec Jamel Debbouze qui nous a fait comprendre le rôle des colonies, et donc des immigrés africains, pendant les guerres.

Le touchant témoignage d’un immigré à Marseille

Ce musée nous apprend beaucoup de choses sur tous ces hommes qui ont dû quitter leur pays, tout laisser derrière eux, pour un seul rêve : un avenir meilleur, comme plusieurs d’entre nous d’ailleurs… Ce qui nous a énormément touchées, c’est le témoignage d’un immigré vivant à Marseille et qui expliquait que son rêve était de trouver du travail et d’avoir une vie comme tout le monde. C’est triste car cela ne doit pas être un rêve mais un droit. Tout le monde devrait pouvoir travailler et vivre correctement.

A travers ce musée, on voit bien que la France s’est construite en s’appuyant sur des immigrés qui ont œuvré pour la libérer de la domination nazie avec la participation de soldats africains venus des colonies. Ils ont aussi permis son développement économique car ils représentaient une main d’œuvre peu chère pour les usines d’automobiles, les chantiers du bâtiment… On voit bien que l’immigré a représenté une aubaine, une solution pour la France mais qu’en cas de crise, il est rejeté et accusé de tous les problèmes. Pourtant, rien ne vaut le vivre ensemble et l’entraide mutuelle.

Nous avons clôturé cette belle journée très enrichissante par la visite d’un bel aquarium interne où nagent une grande diversité de poissons, de toutes les couleurs et des toutes les formes. Ce beau monde marin tout en couleurs nous a semblé représenter l’image idéale de ce que devrait être la société : diversité et vivre ensemble dans le respect.

C’est une visite qui nous a énormément plue, mais une journée pour tout voir c’est insuffisant. Le musée est tellement riche qu’il aurait fallu plus de temps pour tout découvrir et un guide pour aider toutes les femmes qui ne savent pas lire à mieux comprendre.

Nezha, Souad, Fatima-Zahra et Najat (aux Bâtes)

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